Vacances familiales

   Après trois semaines de vacances passées chez mes parents au sein du département le moins peuplé de France, nous voilà de retour dans notre mégapole canadienne. À la fois simples et complexes, doux et intenses, étranges et familiers, ces 20 jours m’ont fait me sentir vivante, aimée, entourée, forte et unique. Voici quelques souvenirs illustrant – de manière non exhaustive – cette escapade lozérienne…

 Alors que j’ai l’habitude de piocher une poignée de framboises surgelées dans le bas du congélateur afin d’agrémenter mon smoothie matinal, c’est ici sur les framboisiers bordant les murets alentour que je pars en quête de mon petit déjeuner. Le plaisir gustatif procuré par la saveur de ces fruits sauvages n’a d’égal que le bonheur d’aller chercher sa nourriture à la source…

 Lorsque ma petite soeur me propose d’aller faire un footing aux aurores dans la montagne, j’accepte sans hésiter : avec mes 45 minutes de course en salle (sur tapis) quasi quotidiennes, ces 3/4 d’heure de runnings ne m’effraient absolument pas. Du dénivelé ? Peu importe ! Je compte bien prouver à ma cadette que je suis toujours aussi performante sportivement. Je pense d’ailleurs secrètement qu’elle ne tiendra pas le coup… Première côte : mes baskets bondissent, évitant avec agilité les bris de roches parsemant le chemin. 400 mètres plus loin, je n’ai plus qu’une seule envie : m’allonger dans l’herbe jouxtant le sentier. De son côté, ma coathlète ne semble éprouver aucune difficulté à gravir cette satanée montagne. Sa foulée est régulière, lente mais dynamique. 200 mètres plus tard, je passe en mode marche. Je vois sa silhouette s’éloigner. Je reprendrai la course un peu plus loin, bien consciente d’être en train de vivre une belle – et cuisante – leçon d’humilité…

 La voix grave et chaleureuse de mon père corrige la position de mes mains : depuis mon arrivée en Lozère, j’apprends à prendre le pouvoir sur l’argile. Jour après jour, ce qui me semblait au départ immaitrisable devient de plus en plus fluide grâce à l’enseignement de celui qui mit trop longtemps entre parenthèses sa passion pour la poterie. Centrer, creuser, élargir, monter… Les gestes gagnent en automatisme, la tranche de mes paumes se durcit, mon dos souffre, mais la satisfaction d’apprendre une discipline quasi organique se révèle jouissive.

 J’ai beau avoir emporté mes pièces féminines préférées, je passe le plus clair de mon temps dans un short en molleton gris acheté – juste avant de partir – 7 dollars chez H&M. Choisi délibérément trop grand, ce dernier possède cette dégaine tomboy que j’affectionne tant et qui me permet de twister aisément mes tops plus délicats. Ajoutez à cela la réconfortante texture de son coton sporty/régressif et vous comprendrez pourquoi la plupart de mes robes n’ont vu de la France que l’obscurité de ma penderie lozérienne….

 L’eau tiède glisse sur mes doigts, mon regard se perd à travers la fenêtre ouverte située juste au dessus de l’évier, les rires des enfants se poursuivant dans les genêts me parviennent assourdis par la distance et les plats fraîchement lavés s’empilent studieusement sur le plan de travail de la cuisine désuète. Si par le passé faire la vaisselle avait pour moi tout de la corvée, j’y trouve aujourd’hui une respiration ressourçante. Les gestes répétitifs me plongent dans un état quasi méditatif. Je me focalise sur les multiples sensations que je perçois. Je suis totalement présente, tout en ayant l’impression confuse d’être au coeur d’un ailleurs intime. Paic Citron : le nou

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